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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 14:51

Depuis le début des années 80, de nombreux spécialistes font part, à l’ensemble de la population, du danger important de l’évolution de la dette de notre pays, qui ne cesse d’augmenter. Pourtant 30 ans après, la France reste considérée comme un des pays les plus solvables du monde. On est donc en droit de se poser la question de  la crédibilité de ces spécialistes et de savoir si tous ceux qui annoncent que notre pays peut continuer à emprunter ?car notre pays est riche, n’ont pas raison.

L’évolution de la richesse que crée un pays est mesurée par l’évolution de son PIB, produit intérieur brut.

Comment ne pas affirmer que la France est un pays riche quand on constate que son PIB est passé de 436 milliards en 1980 à 1.940 milliards en 2010 soit une augmentation de 445 % en 30 ans ?

Est-ce bien la réalité ?

Pour le savoir, il est nécessaire de bien comprendre ce que représentent les chiffres qui nous sont annoncés. Toutes les données qui sont présentées dans cet article sont issues des publications officielles de l’INSEE et des comptes officiels publiés par le gouvernement français.

Le PIB d’un pays est la somme des valeurs ajoutées de ses entreprises et de ses administrations publiques. La valeur ajoutée est la valeur des biens et services produits diminuée de la valeur totale des biens et services qui ont été achetés et qui sont contenus dans les produits.

Par exemple, dans une entreprise, la valeur de biens et services est constituée par le chiffre d’affaires, soit les ventes de l’entreprise qu’elles soient des services ou des produits industriels. La valeur ajoutée de l’entreprise est égale à son chiffre d’affaires diminué de tout ce qui a été acheté à l’extérieur de l’entreprise tel que les matières premières, les achats de fournitures et de services, la sous-traitance, etc…Le poste le plus important de la valeur ajoutée des entreprises est, en général, constitué par les salaires de ses collaborateurs.

Ainsi, durant ces 30 dernières années, le PIB annuel de la France a augmenté de 1504 milliards, 445%, alors que sa population n’a augmenté que de 20%.

Le problème est que parallèlement à cette très belle évolution, la dette de l’Etat français est passée de 92 milliards en 1980 à 1614 milliards en 2010 soit une augmentation de 1522 milliards d’euros, supérieure à l’évolution de PIB pendant la même période.

Une dette, qui participe aux flux financiers, n’a normalement pas à être comparée au PIB, qui participe aux flux de production. Ce sont 2 notions totalement différentes en termes de comptabilité. La question est de savoir si cette dette a servi à financer des actifs créateurs de richesses ou des frais de fonctionnement.

En réalité, la dette a servi à financer une partie des charges sociales des entreprises ainsi qu’à payer une partie des salaires des fonctionnaires. Elle a donc été utilisée pour augmenter la valeur ajoutée des entreprises et des administrations qui, faut-il le rappeler, est essentiellement composée par des salaires. C’est comme si une entreprise empruntait de l’argent pour le donner à ses clients afin qu’ils achètent ses produits et que personne ne rembourse ces emprunts.

Comment ne pas constater que depuis 30 ans, l’Etat Français a des frais de fonctionnement très supérieurs à ses recettes et que pour les financer, il a régulièrement vendu des actifs et emprunté de manière inconsidérée.

 

 Les 1504 milliards d’augmentation du PIB depuis 30 ans ont donc été réalisés grâce à une augmentation de 1522 milliards de la dette. La richesse de la France est donc aujourd’hui une illusion, d’autant plus que cette dette est détenue pour près de 1100 milliards par des non-résidents.

 

Depuis 30 ans, la France n’a donc pas créé de richesses réelles, mais, au contraire, en a perdu 20% par habitant, car pendant cette période la population a augmenté de près de 20%.

 

C’est pour cette raison essentielle que la situation de notre pays est grave, très grave, malgré les discours optimistes de nos dirigeants politiques.

Il est faux de penser que notre pays trouvera toujours quelqu’un pour lui prêter de l’argent. Le risque devient trop grand. Nous avons eu l’exemple de l’Argentine en 2001, de la Grèce aujourd’hui. D’autres pays vont suivre prochainement, dont la France.

Suivant les comptes officiels de l’Etat Français en 2010, les produits nets de l’Etat se sont élevés à 254 milliards d’euros et ses charges nettes à 366 milliards. Se rend-on compte de l’énormité de ces chiffres ?  112 milliards de déficit pour 254 milliards de recettes.

Sait-on que les retraites représentent 145 milliards de dépenses annuelles pour les salariés et les fonctionnaires pour des cotisations salariales de 35 milliards ? Il manque 110 milliards. Sur ces 110 milliards, les entreprises en paient 37. C'est l'Etat qui comble le trou à hauteur de 73 milliards d'euros (39 pour les salariés et 34 pour les fonctionnaires) tous les ans.
Les mesures prises, il y a quelques mois, sur les retraites ne serviront qu'à ne pas amplifier l'augmentation des charges.

Le résultat est que 30% des recettes de l'état servent à payer des retraites. Si l’on ajoute que 16% servent à payer les intérêts de la dette, (40 milliards par an), on est donc à 46%.

Ainsi donc, près de la moitié des recettes de l’Etat servent à payer des charges qui ne concernent ni le présent, ni l’avenir. Avec un tel montant, peut-on imaginer un jour ne plus être en déficit?

Un jour prochain, tout ce système va éclater, car aucun plan de réduction drastique et urgent des dépenses n’est prévu. A la place, certains estiment que la solution est de continuer à emprunter au niveau de l’Europe, puisque les pays ne vont plus pouvoir le faire. C'est du délire. 

Penser que la situation peut s’arranger est une grave illusion. Ce jour-là, tous les placements financiers, sauf les livrets A, perdront énormément de valeur, de l’ordre de 30 à 40%, si ce n’est plus.

Les spécialistes qui nous informaient sur les dangers d’une augmentation de la dette avaient donc raison, et il est, hélas, désormais trop tard pour éviter une chute brutale des avoirs financiers de l’ensemble des Français.

 

 

 

 

 

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Published by Olivier Bach - dans Economie
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commentaires

Denise PORTIER 15/08/2015 19:56

Imaginons notre pays dont la dette extérieure serait de 100000x sur 10 ans, financée par des emprunts internationaux au taux de 3% l'an

Capital annuel à rembourser : 100000x / 10 = 10000x par an
Intérêts : 100000 *3% = 3000x
Soit au total 13000x

Le pays ne peut malheureusement pas payer cette somme, pas plus que les frais courant du pays, les salaires... etc… ! Rien les caisses sont vides : c'est le défaut de paiement assuré.

Bien entendu, nos amis créanciers apitoyés vont se réunir longuement pour trouver un moyen d'aider notre pauvre pays. Après moultes hésitations, ils vont lui prêter 25000x pour assumer les premiers frais, au taux de 4% car le débiteur ne donne pas confiance.

Sauvé ! Enfin pas tellement car quelle est maintenant la situation de mon pays après remboursement :

Solde de la dette en capital………... 90000x
Intérêts de la dette à 3%…...………. 2700x
Nouvelle dette …………………….. 25000x
Intérêts sur cette dette à 4% .……... 1000x
Soit ……………………………….. 118700x

Méfions-nous de nos amis
Vous avez raison
Qu’on le veuille ou non, la seule solution sera une diminution drastique des dépenses et plus on attendra pour la réaliser, plus la chute sera brutale.
________________________________________
Je prépare une réponse sur votre livre concernant DIEU mais surtout les religions
A bientôt peut-être

Olivier Bach 16/08/2015 12:02

Oui, vous illustrez le principe selon lequel on s'enfonce en empruntant pour payer ses dettes. Ceux qui ont prêté et qui prêtent actuellement vont subir des pertes très importantes un jour ou l'autre. Le plus grave, c'est que les retraites seront concernées et les populations ne le savent pas.
Je serai très intéressé par vos critiques sur mon livre et les religions.