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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 12:47

Tous les jours, dans toutes les églises du monde, on entend proclamer que Dieu est amour.

Dès sa nomination, le Pape Benoît XVI a tenu à le confirmer dans sa première lettre encyclique dont le titre est « Dieu est Amour ». A la première page, on peut lire ceci :

 

«  Nous avons cru à l’amour de Dieu : c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie. A l’origine du fait chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. Dans son Evangile, Jean avait exprimé cet événement pas ces mots : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui (...) obtiendra la vie éternelle »…C’est pourquoi, dans ma première encyclique, je désire parler de l’amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres.  »

 

Dans le document de préparation au mariage de l’église catholique, on peut également lire :

 

« Dans l’amour humain, se révèle l’amour infini de Dieu pour chacun. La vie quotidienne des époux trouve sa source dans la fidélité inconditionnelle de Dieu… la Bible est une histoire d’amour. La Bible aide à comprendre comment s’est manifesté l’amour de Dieu. En l’écoutant, vous prendrez votre place dans l’extraordinaire histoire d’amour entre Dieu et l’humanité. »

 

La démonstration de l’amour de Dieu se trouverait donc dans la Bible, texte fondateur de la croyance monothéiste.

Il devrait donc suffire de la lire pour découvrir cette merveilleuse histoire d’amour entre Dieu et l’humanité. Les actions de Dieu y sont décrites dans les premiers chapitres.

La lecture de ces chapitres est édifiante. J’en reproduis ici quelques extraits sachant que je ne saurais trop conseiller de lire ces chapitres dans leur intégralité.

Ainsi dans la Genèse (6,5), qui précède l’Exode, sous les titres « La corruption de l’humanité » et les « Préparatifs du déluge », il est écrit :

 

« Yahvé vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. Yahvé se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur. Et Yahvé dit : « Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés- depuis l’homme, jusqu’aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel- car je me repens de les avoir faits…Pour moi, je vais amener le déluge, les eaux, sur la terre, pour exterminer de dessous le ciel toute chair ayant souffle de vie : tout ce qui est sur la terre doit périr.  »

 

Dieu est-il amour quand il décide d’exterminer tous les êtres vivants existant sur la terre, tous les hommes, femmes, enfants et animaux parce que leur comportement n’est pas satisfaisant à ses yeux ?

 

Dieu est-il amour quand il veut exterminer tous ceux qui se prosternent devant un autre que lui ? (Exode,32,7) :

 

"Yahvé dit alors à Moïse « Allons ! descends, car ton peuple que tu as fait monter du pays d’Egypte s’est perverti. Ils n’ont pas tardé à s’écarter de la voie que je leur avais prescrite. Ils se sont fabriqués un veau en métal fondu, et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices et ils ont dit : « Voici ton Dieu, Israël, qui t’a fait monter du pays d’Egypte. » Yahvé dit à Moïse : « J’ai vu ce peuple ; c’est un peuple à la nuque raide. Maintenant laisse-moi, ma colère va s’enflammer contre eux et je les exterminerai ; mais de toi je ferai une grande nation."

 

Dieu est-il amour quand il condamne à mort celui qui blasphème simplement son nom ? (Lévitique 20,16) :

 

« Qui blasphème le nom de Yahvé devra mourir, toute la communauté le lapidera. Qu’il soit étranger ou citoyen, il mourra s’il blasphème le Nom. »

 

Ceux qui estiment que blasphémer Dieu doit être puni de la peine de mort, ne font qu’appliquer les lois de Dieu, écrites dans la Bible.

Qui a le droit de faire le tri dans les lois de Dieu ? Qui peut estimer qu’une de ces lois est à appliquer et l’autre à rejeter ?

Car Dieu a dit de tuer celui qui ose le blasphémer et a lui-même exterminé ceux qui ne se prosternaient pas devant lui.

Dieu est aussi très susceptible. Il est vital de bien choisir les qualificatifs qu’on lui donne. Ainsi, Aram, roi des Araméens en conflit avec les Israélites avait dit que Dieu était un Dieu des montagnes. Dieu n’avait pas apprécié ce mot restrictif à son égard et sa sentence fut lourde (Premier livre des rois 20,28) :

 

« L’homme de Dieu aborda le roi d’Israël et dit : « Ainsi parle Yahvé. Parce qu’Aram a dit que Yahvé était un dieu de montagnes et non un Dieu des plaines, je livrerai en ta main toute cette grande foule et tu sauras que je suis Yahvé. » Ils campèrent sept jours les uns en face des autres. Le septième jour, le combat s’engagea et les Israélites massacrèrent les Araméens, cent mille hommes de pied en un seul jour. Le reste s’enfuit à Apheq, dans la ville, mais le rempart s’écroula sur les vingt-sept mille hommes qui restaient. »

 

Dieu a tué 127.000 hommes parce qu’un individu avait osé prétendre qu’il était un Dieu des montagnes et non un Dieu des plaines. Où est l’amour de Dieu pour les hommes ?

Défier Dieu est encore plus risqué. Sennachérib, roi d’Assyrie, avait osé dire que Dieu ne l’empêcherait pas de prendre la ville de Jérusalem (Deuxième livre des rois 19,35) :

 

« Cette même nuit, l’ange de Yahvé sortit et frappa dans le camp assyrien cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Le matin au réveil, ce n’étaient plus que des cadavres.  »

 

Dieu a tué 185.000 hommes parce qu’un individu avait osé contester ses pouvoirs. Comment qualifier une telle réaction ?

Dieu n’acceptait pas non plus la critique. Il avait contraint les Israélites à vivre dans le désert après leur sortie d’Egypte. Ils se plaignaient de leurs conditions de vie (Les Nombres 21/5) :

 

« Le peuple parla contre Dieu et Moïse : « Pourquoi nous avez-vous fait monter d’Egypte pour mourir en ce désert ? Car il n’y a ni pain ni eau ; nous sommes excédés de cette nourriture de famine. »

Dieu envoya alors contre le peuple les serpents brûlants, dont la morsure fit périr beaucoup de monde en Israël. »

 

Comment peut-on employer des qualificatifs tels que « Dieu n’est que compassion avec son peuple  » ou « Dieu est amour », à propos d’un tel Dieu ?

Quelques temps après, les Israélites s’établirent dans un endroit appelé Shittim et se livrèrent à la prostitution avec des filles d’une contrée voisine. Mais leurs actions furent plus graves encore car ces filles les invitèrent aux sacrifices de leurs dieux et ils se prosternèrent. Dieu fut naturellement très en colère et dit à Moïse (Les Nombres 25, 4) :

 

« Prends tous les chefs du peuple. Empale-les à la face du soleil pour Yahvé : alors l’ardente colère de Yahvé se détournera d’Israël. »

 

Dieu avait donc demandé à Moïse de le venger. Comme souvent dans pareil cas, celui qui se trouvait être la main de Dieu alla au-delà de ses requêtes. Moïse ne se contenta pas de tuer les chefs mais il ordonna de tuer tous ceux qui s’étaient prosternés devant d’autres dieux. Il n’y eut pas moins de 24.000 morts. Après quelques péripéties, Moïse constata que les femmes qui avaient été la cause de l’infidélité à Dieu, étaient épargnées. Il ordonna alors à ses chefs de guerre (Les Nombres 31,17) :

 

« Tuez tous les enfants mâles. Tuez aussi toutes les femmes qui ont connu un homme en partageant sa couche.  » 

 

Dieu ne trouvera rien à redire à ces massacres. Tuer des enfants sans défense et des femmes est tout à fait normal quand il se sent offensé.

Peut-on vraiment critiquer Moïse quand il ne fait qu’imiter son Dieu ? Les impies et ceux qui les fréquentent doivent mourir.

 

La Bible raconte qui est Dieu. On ne peut pas considérer que le Dieu des religions monothéistes puisse être différent de celui qui est décrit dans la Bible.

A la lecture de l’ensemble des chapitres de la Bible, décrivant les actions de Dieu, on constate que Dieu a tué ou fait tuer des millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

Doit-on considérer comme le faisait Staline :

« Un mort, c’est un drame, un million de morts c’est une statistique. »

Par quelle dialectique, est-il possible de qualifier Dieu d’amour quand on lit la Bible ? Il semble nécessaire de se poser cette question.

Massacrer, torturer, menacer ne peuvent pas être des qualificatifs d’amour ou alors il faut changer la définition du mot « amour ». Demander aux hommes de commettre des atrocités et manipuler leurs esprits est à l’opposé d’un acte d’amour.

Comment l’église catholique peut-elle affirmer que la Bible est « une extraordinaire histoire d’amour entre Dieu et l’humanité » ?

Si l’on qualifie Dieu d’amour, ce Dieu ne peut correspondre à celui décrit dans la Bible. En conséquence, soit il en existe plusieurs, soit le Dieu présenté dans la Bible n’existe pas. Une telle conclusion n’est que du bon sens sauf si, naturellement, l’on estime que tuer des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, et être d’amour sont compatibles. Mais dans ce cas, il faut le dire clairement et aussi revoir notre appréciation des massacres qui ont eu lieu dans l’Histoire.

De nombreux chrétiens constatent cette contradiction flagrante entre les discours parlant d’un Dieu d’amour et ce que l’on peut lire dans la Bible. Ils ajoutent néanmoins systématiquement que c’est avant tout des Evangiles dont il faut tenir compte et non de l’Ancien Testament, qui ne serait qu’une histoire inventée par des hommes. Une telle déclaration de la part de croyants remet en cause un certain nombre de faits considérés comme historiques par certaines religions, mais c’est un autre problème qu’il n’y a pas lieu d’aborder maintenant.

Il est donc important d’analyser également les textes des Evangiles où se trouvent les déclarations de Jésus, fils de Dieu. Sont-elles réellement une déclaration d’amour pour les hommes ?

 

 

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Published by Olivier Bach - dans Religions
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